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Conférences 2008

"Gestion du risque radiologique, la réglementation et son évolution, recommandations de la CIPR" par Jean-François LECOMTE, Direction de la Stratégie, du Développement et des Relations Extérieures de l'IRSN

Jeudi 18 décembre 2008

Nous avons accueilli, le jeudi 18 décembre à la Faculté de Pharmacie Mr Lecomte, expert senior à l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), et chargé de mission radioprotection-réglementation auprès du directeur de la stratégie, du développement et des relations extérieures de cet institut. Il occupe également certains mandats internationaux ou nationaux, dont celui de secrétaire du Comité 4 (application des recommandations) de la Commission Internationale de Protection contre les Rayonnements (CIPR). Mr. Lecomte à commencé par démontrer l’importance des organismes internationaux dans la constitution des législations en matière de radioprotection. Suite à la découverte de la radioactivité, les médecins ont rapidement utilisé les radioéléments. Ce sont eux qui ont établi les premières règles en 1928, au sein de la CIPR. Les applications militaires, industrielles ou énergétiques qui ont suivi, ont permis d’élargir l’ensemble de ces règles de radioprotection, parallèlement au développement des institutions internationales telles que l’ONU ou l’UNSCEAR (Comité scientifique des Effets des Radiations Atomiques). Cette dernière réalise un « état de la science » des rayonnements et de leurs effets tous les 10 ans environ. A partir de ces informations, la CIPR explique comment bâtir un système de protection et émet des recommandations. Sur cette base, l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA) s’associe avec différentes agences de l’ONU (OMS, OIT, FAO…) pour établir des normes de base (obligation politique…) « quasi-réglementaires ». Ensuite, on retrouve l’Union européenne, qui, sur la base du traité Euratom, publie des directives à transposer dans le droit national de chaque état (obligation juridique). Ces règles suivent un cycle de 10 à 15 ans, qui devrait aboutir à une nouvelle directive Européenne aux alentours de 2015. Ces nouveautés sont issues non seulement des avancées scientifiques (retour d’expérience d’Hiroshima, progrès de la science, de la métrologie…), mais aussi d’une nouvelle approche de la CIPR en matière de gestion du risque.


"Le rayonnement synchrotron pour la biologie : réalités et perspectives" par Jean-Pierre SAMAMA, directeur scientifique du synchrotron Soleil

Jeudi 16 octobre 2008

Dans le cadre des conférences organisées mensuellement, le 16 octobre dernier, M. Samama, Directeur Scientifique au plateau de Sacley à Saint-Aubin (Essonne), est venu à la faculté de Pharmacie de la Timone pour nous présenter le potentiel du synchrotron SOLEIL. C’est un programme scientifique représentant 400 millions d’euros pendant 7 ans (pour sa création), puis 47 millions d’euros chaque année (à partir de 2009). Le site de Sacley n’a pas été choisi par hasard. En effet, le synchrotron est un appareil très technique qui nécessite un socle très stable avec moins de 3 micromètres de vibration. SOLEIL est un accélérateur d’électrons qui produit une source de lumière très puissante, permettant d’explorer la matière inerte et vivante. C'est une technologie qui peut produire une lumière d’une brillance 10 000 fois plus intense que la lumière du soleil, dans une gamme spectrale allant de l’infrarouge IR aux rayons X (de l’electron volt l’eV au kilo électron volt keV). L’électron volt correspond à l’accélération d’un électron soumis à certaines conditions. L’utilisation de SOLEIL en recherche appliquée est très diverse, et porte aussi bien sur les domaines de la pharmaceutique ou du médical, que sur l’environnement, le nucléaire, la pétrochimie, les nanotechnologies et biens d’autres domaines. 2 000 scientifiques internationaux sont attendus pour réaliser leurs études chaque année. Voici le principe du synchrotron SOLEIL: des électrons circulent dans un anneau de 354 mètres de circonférence, avec une énergie de 2,75 GeV (Giga électron volt) pendant plusieurs heures. Le rayonnement synchrotron est produit par le passage de ces électrons dans des aimants de courbure qui les dirigent vers une ligne de lumière, véritable laboratoire d’analyse de l’échantillon traité. 26 lignes de lumières sont prévues à terme. Le synchrotron de 3ème génération permet de visualiser la structure tridimensionnelle des macromolécules, jusqu’au nanomètre (10-9 mètres). Les perspectives à venir grâce à cette technologie portent sur l’analyse des gênes, l’étude des cancers ou encore, l’analyse de la structure de la matière… C’est une merveille de technologie qui permet d’aller chercher des images au plus profond de la matière.

www.synchrotron-soleil.fr


"Plans d'actions de l’ASN à la suite des accidents de radiothérapie" par le Professeur Michel BOURGUIGNON, commissaire de l’ASN

Jeudi 18 septembre 2008

Le professeur Michel Bourguignon, médecin, scientifique émérite et Commissaire de l’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire) est venu nous présenter le plan d’actions de l’ASN à la suite des accidents de radiothérapie. L’ASN est une autorité indépendante depuis le 13 Novembre 2006 (loi du 16 Juin 2006) ; elle rapporte directement ses activités au parlement et non plus au gouvernement. La protection contre les rayonnements ionisants, sûreté des installations et radioprotection des personnes, est une mission de l’ASN dans le domaine médical : les expositions médicales représentent 33% de l’ensemble des expositions de la population. Chaque année en France, 70 millions d’actes de radiologie diagnostique sont pratiqués (dose efficace moyenne de 1mSv/an) et 200 000 personnes bénéficient de la radiothérapie (dose absorbée de 40-70 Gy délivrée au niveau de la tumeur). Il faut noter une tendance à l’augmentation des doses du fait de la plus grande utilisation du scanner et de la radiologie interventionnelle (cœur, cerveau, reins, poumons…). De plus, du fait du vieillissement de la population et de l’augmentation du nombre de cancers, les thérapies sont plus nombreuses. A ce jour, la radiothérapie est indispensable. Les contrôles effectués par l’ASN et le retour d’expérience des accidents de « surdosages » (notamment 5500 patients à Epinal dont 6 morts et 145 à Toulouse) indiquent que les machines sont sûres et très performantes ; les accidents résultent d’erreurs humaines dans un contexte organisationnel défaillant (formation erronée, incompatibilité entre une nouvelle machine et un ancien logiciel, ou encore, d’un défaut de suivi des patients…) et d’une insuffisance d’assurance qualité. Pour éviter la reproduction de ces problèmes, l’ASN adopte une approche plus pédagogique que répressive : contrôles annuels de tous les services, obligation de déclaration des incidents, création d’une échelle de gravité des incidents et information des acteurs de la radiothérapie et du public.
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Les contrôles effectués par l’ASN et le retour d’expérience des accidents de « surdosages » (notamment 5500 patients à Epinal dont 6 morts et 145 à Toulouse) indiquent que les machines sont sûres et très performantes ; les accidents résultent d’erreurs humaines dans un contexte organisationnel défaillant (formation erronée, incompatibilité entre une nouvelle machine et un ancien logiciel, ou encore, d’un défaut de suivi des patients…) et d’une insuffisance d’assurance qualité. Pour éviter la reproduction de ces problèmes, l’ASN adopte une approche plus pédagogique que répressive : contrôles annuels de tous les services, obligation de déclaration des incidents, création d’une échelle de gravité des incidents et information des acteurs de la radiothérapie et du public.


"Le coup de chaleur d'exercice, prévention dans les armées" par le Dr A. ABRIAT

Lundi 26 mai 2008

Les docteurs ABRIAT et PAPILLAULT, médecins militaires du régiment de Carpiagne sont venus nous sensibiliser sur les coups de chaleur d’exercice, et, plus particulièrement, de leur prévention dans les armées. Le « coup de chaleur » lié à un effort physique est causé par un déséquilibre entre la chaleur produite par le métabolisme du corps, et, l’évacuation insuffisante de cette chaleur. Cette accumulation de chaleur peut se traduire par des troubles neurologiques, des hyperthermies et des destructions de muscles d’intensité variable. Les symptômes les plus courants sont la somnolence, la sensation de chaleur, et les vomissements. C’est un trouble assez grave qui peut entraîner des complications neuronales, rénales et hépatiques. La prévention contre le coup de chaleur est stratégique car il peut entraîner la mort dans 20% des cas si aucun diagnostic n’est réalisé a temps (dans l’armée française on déclare 100 cas de coup de chaleur/ an). Lorsqu’un individu est concerné, il faut arrêter l’effort, le mettre à l’ombre, le refroidir et l’hydrater. La prévention contre les coups de chaleur repose sur l’identification des facteurs de risque individuels et collectifs:
- prévention collective : sélection selon les aptitudes individuelles, bonne hygiène de vie, un entraînement physique obligatoire et progressif ainsi qu’une bonne hydratation ; une information (du soldat), des points de ravitaillement en eau et des annulations d’épreuves en cas de climat inopportun.
- prévention individuelle : suivi médical rigoureux et régulier. Mieux vaut déclarer une inaptitude individuelle pour une épreuve physique que faire courir un risque à l’individu. Ces principes appliqués dans les armées peuvent très bien être transférés dans le monde du travail. En 2003, le secteur du BTP était touché par 15 décès dus à un coup de chaleur. Il convient de redoubler de vigilance pour les postes qui recueillent à la fois une source de chaleur ainsi qu’un manque d’eau.


"Risque sismique dans la région Provence Alpes Côte d'Azur" par Serge SOLAGES, ancien directeur du BRGM de la région PACA, et Jacky GERARD, Président de la Commission Environnement du Conseil Général 13

Mardi 22 avril 2008

Serge SOLAGES hydrogéologue retraité du BRGM, conférencier très demandé de par le monde pour son éminent savoir, nous a fait l’immense honneur de nous expliquer avec grande clarté les risques sismiques présents dans notre région, le 22 Avril 2008. M. SOLAGES commença par une présentation du Bureau de Recherche Géologique et Minière PACA, qui étudie le risque naturel géologique de cette région (avec notamment une base de données très aboutie, aidant la DRIRE et la DIREN lors de l’étude des dossiers concernant les ICPE). L’étude du risque est menée à l’échelon régional (sismicité, risques liés aux falaises côtières, à l’érosion, au risque de mouvement de terrain…) et à l’échelon sectoriel (risque de submersion aux Saintes-Marie, mouvements de terrain sur le Roya et le Buech…). Il en découle des rapports transmis à toutes les mairies et aux conseils généraux de la région. 90 % des séismes mondiaux se passent aux niveaux des frontières des plaques lithosphériques. Sur Terre, il y a 12 plaques majeures et 12 plaques moins importantes qui conduisent à 3 zones particulières : les zones de divergence, les zones de convergence (le bassin Méditerranéen, ou l’Himalaya là où la plaque africaine rentre en collision avec la plaque euro asiatique…), les zones de transformation (San Andréas aux USA, où deux plaques glissent l’une contre l’autre et se chevauchent de 1 à 18 cm/an). Même si les côtes françaises sont éloignées de la frontière des plaques africaine et eurasiatique, nous ressentons tout de même les effets de cette convergence. En PACA, les zones où la sismicité est la plus fréquente, et où la magnitude est la plus élevée, sont la zone Alpine, les Alpes Maritimes, et le large de la Côte d'azur. Depuis 2003, il y a eu plusieurs milliers de « petites secousses » de magnitude 3. Globalement le risque de tremblement de terre n’est pas rare mais les fortes magnitudes le sont ! Pour détecter et étudier ces tremblements de terre, on utilise un sismomètre. Une station d’étude en est équipée de trois : deux détectent les mouvements horizontaux, et l’autre les mouvements verticaux. Toutes les stations sont regroupées en réseaux comme le MAT, Le RéNASS sud-est, le réseau Très Grande Résolution Sismique de l’Université de Nice et Grenoble, le Réseau Accélérométrique Permanent (RAP). En PACA, les failles actives ont une vitesse de quelques mm/an : inférieure à celles enregistrées aux frontières des plaques Africaine et Eurasiatique. Nous dénombrons 32 failles certaines responsables de tragiques dénouements : en 1909 à Lambesc, eut lieu le plus catastrophique tremblement de terre qu’ai connu la France de ce dernier siècle. L’intensité fut de 7 à 9 et on dénombra 46 morts. le village de Rognes fut entièrement détruit. On estime que la rupture s’est produite à 6 Km de profondeur sous terre.
Malgré ces informations alarmantes, il faut concevoir que le risque se caractérise par l’Aléa et la vulnérabilité des enjeux. Les simulations réalisées par des modèles mathématiques nous montrent les scénarios de risques et les dommages aux victimes et leur coût. Nous pouvons nous rassurer car il n’y a vraiment pas de quoi avoir peur que le sol s’écroule sous nos pieds !!!


"Utiliser des rayonnements ionisants pour soigner : Bilan des techniques utilisées en médecine" par Denis PORCHERON, physicien, Chef de l'Unité de Radiophysique de l'Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille

Mardi 25 mars 2008

Tel fut le thème de la conférence de M. Denis PORCHERON (physicien médical), le 25 Mars 2008.
La radiothérapie est le traitement majeur en cancérologie. On en compte 300 000/an, avec 60% de guérisons dont 40% la première année. Son but est de détruire les cellules cancéreuses, par action de RI à fortes et homogènes doses, dans un volume cible déterminé, en limitant au maximum l’atteinte des tissus sains environnants. L’utilisation des RI à des fins médicales se répartit en trois domaines : la radiothérapie externe (la source est externe au patient), la curiethérapie (la source est implantée dans la zone à traiter) et la radio chirurgie. La radiothérapie « moderne » assistée par informatique a permis d’appréhender avec objectivité le rapport bénéfice/risque du traitement radiologique: il permet la guérison, la rémission ou la stabilisation de la maladie. Toutefois les risques du traitement sont à prendre en compte : la maladie peut ne pas, ou être mal soignée ou le patient peut développer un cancer suite à une surexposition aux RI. Pour pallier ces risques le patient est particulièrement bien suivi : diagnostic, prescription d’un traitement, choix du protocole, préparation, définition de la balistique , validation par le radiothérapeute (médecin) et le physicien médical (spécialiste des RI), 1ère mise en place sous l’appareil, contrôle, validation générale de l’ensemble de la préparation, et enfin, le patient reçoit le traitement. Pour installer une machine de radiothérapie il faut 7 mois de génie civil, 15 jours pour la construction de la machine, 2 à 3 mois pour réaliser les essais de dosimétrie. L'informatique a permis l'association des appareils de diagnostic (scanner et IRm) avec ces machines, par l'intermédiaire de réseaux et de logiciels d'interconnection spécialisés. Par ailleurs, pour obtenir une balistique optimale, il est nécessaire d’immobiliser le patient : les machines de dernière génération » 4D », sont asservies à la respiration du patient, de sorte que la zone traitée reste la même pendant toute la séance, et le risque de toucher des tissus sains devient très faible.
Le second domaine du traitement médical radiologique est la curiethérapie. Le troisième, la radio chirurgie. Cette dernière diffère de la radiothérapie par le fait qu'il s'agit d'une dose unique délivrée en une séance unique. Le « Gamma Knife » en est un exemple. Le premier de France (1992) se trouvait à Marseille, un deuxième, d'une nouvelle génération a été installé en 2006. Ce traitement se déroule en une journée. C’est un procédé de chirurgie par RI qui peut atteindre des lésions cérébrales situées dans des zones très sensibles.


"La dissuasion nucléaire au XXIe siècle : des essais à la simulation" par Mme Edwige BONNEVIE, Directeur-adjoint des Applications Militaires, Commissariat à l’Energie Atomique

Jeudi 10 janvier 2008

Edwige BONNEVIE, Directeur adjoint des applications militaires (DAM) du CEA (Commissariat à l’Énergie Atomique) est venue le jeudi 10 janvier à la Faculté de pharmacie la Timone (au centre sur la photo de gauche), nous parler des méthodes employées pour étudier l’atome destiné à l’armement, sans procéder aux essais nucléaires. Nous avons vécu l’histoire des essais, de la création de la DAM en 1958, en passant par les premiers escadrons de mirages 2000 dotés de l’arme nucléaire durant l’année 1986, pour arriver à l’ultime campagne des essais nucléaires de 1995. Par la suite Edwige BONNEVIE nous expliqua la cinétique de la bombe atomique permettant une libération d’énergie brutale de 1015 Méga Joules. Les premiers essais nucléaires furent réalisés au Sahara de 1960 à 1966 puis en Polynésie jusqu’en 1996. Nous avons saisi l’importance de ces essais ainsi que du suivi sanitaire (des populations locales) et environnemental (de la faune et la flore). Cette conférence s’acheva sur les nouvelles méthodes utilisées pour évaluer le potentiel d’une arme thermonucléaire par des simulations informatiques via des super-ordinateurs. Cela est rendu possible aujourd’hui grâce aux essais d’hier et à la compétence de nos chercheurs.


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